La BRED dans le brouillard sur le parking du RER

BRED Photo-0070Le projet immobilier de bureaux sur l’ancien parking de la gare RER a été lancé à la fin de la dernière mandature de Pierre Aubry, puis poursuivi par Olivier Dosne. Sous Pierre Aubry, les écologistes de Joinville sont les seuls à avoir tenté de bloquer ce projet soutenu par la droite et le PS d’alors, mais ont perdu devant le Tribunal administratif, du fait principalement d’une collusion entre la Municipalité de Joinville et celle de Paris. Ils ont négocié un compromis avec le promoteur, ICADE (filiale immobilière de la Caisse des Dépôts, bras financier de l’Etat), au terme duquel l’immeuble prévu pour un peu moins de 10 000 m2 de surface utile visait l’excellence énergétique (BBC) et écologique (HQE).

A l’arrivée aux affaires d’Olivier Dosne en 2008, le projet, fortement alourdi, est devenu indéfendable. La surface de planchers a été doublée : 19 000 m2, sur 8 niveaux ! C’est alors que certains ont « découvert », et dénoncé bien trop tard, la disparition du parking public de la gare RER, pourtant bien utile aux usagers, dont la majorité venaient d’une banlieue plus lointaine, laissant leur voiture à Joinville, et soulageant ainsi la voirie du cœur de l’agglomération parisienne. Certes, il y a aura bien toujours un parking (208 places), mais à l’usage exclusif des employés des bureaux. Or la Ville de Paris étant co-décisionnaire (puisque le terrain en est limitrophe, et accessible depuis la route de la Pyramide dans le bois de Vincennes) refuse d’autoriser en plus un parking public, ce que tout le monde savait à l’avance…

Cet immeuble « Urbagreen » a été présenté par le maire de Joinville comme l’une de ses plus grandes réussites. Certes, la vue vers le bois de Vincennes est maintenant bouchée. De l’avis général, l’immeuble est un mastodonte hideux, réalisé par une « star » de l’architecture, Jean-Paul Viguier, spécialiste de la modernité arrogante. Mais qu’est-ce devant l’arrivée annoncée de 1200 employés (aucune création d’emploi, ils seront transférés d’autres sites), qui faisait saliver les commerçants ?

La belle histoire se complique : on ne sait plus quand les bureaux finiront par être enfin occupés ! Rappelons que le promoteur, ICADE, avait confié la construction à Eiffage (qui sévit aussi sur la ZAC des « Hauts de Joinville »). ICADE a revendu son bien avant achèvement (VEFA) fin 2010 pour 67 millions d’euros à Wereldhave, une société néerlandaise qui investit dans les centres commerciaux et les bureaux. Deux ans plus tard, fin 2012, on annonçait une promesse de revente à la BRED, qui comptait y regrouper ses bureaux franciliens. L’ouverture était alors annoncée pour l’été 2013. La promesse de revente s’est concrétisée le 5 février 2014, pour la somme de … 91,5 millions d’euros ! La BRED étant censée être une banque coopérative, ses sociétaires sont décidemment bien « généreux »…

On sait maintenant que la construction a été défectueuse. Les plaques de revêtement de la façade sont susceptibles de tomber sur la tête des passants (d’où les barrières de protection). On évoque des défauts encore plus graves (notamment au niveau des fondations). Aux dernières nouvelles, l’ouverture est exclue avant 2015.

L’actuel maire de Joinville, qui revendiquait cette opération comme un succès, sera comptable de son éventuel échec.

Michel LAVAL, 25 août 2014

Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement : une opportunité à ne pas rater !

Carte bruit bruit-2009
Une importante enquête publique se déroule en ce moment dans l’indifférence générale. Le projet de Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement (PPBE) du réseau routier départemental a été adopté à l’unanimité par le Conseil Général, le 29 mai 2014. Il a été mis à disposition du public depuis le lundi 16 juin pour deux mois, conformément à l’article R.572-9 du Code de l’Environnement. La durée réglementaire de deux mois a été prolongée courant juillet d’un mois, soit du lundi 16 juin au lundi 15 septembre 2014.

Tous les Val-de-Marnais sont invités à donner leur avis sur ce projet. Les Joinvillais auraient particulièrement intérêt à s’exprimer, soit sur le registre d’enquête mis à disposition uniquement à Créteil, soit, plus commodément, par Internet. En effet, nous sommes, bien plus massivement que les habitants de la plupart des autres communes, concernés par le bruit excessif, qui constitue la principale nuisance environnementale perçue par les habitants, et entraine des conséquences très néfastes pour la santé.

 
Jugeons-en à partir des chiffres fournis par le projet officiel (le diagnostic acoustique date de mars 2012). Sur les 1 229 645 habitants du Val-de-Marne, 16% subissent en 24 heures une exposition au bruit dépassant la limite réglementaire (élevée) fixée pour le trafic routier (Lden > 68 dB(A)), et de nuit ils sont encore 9% à dépasser la norme (Ln > 62 dB(A)). Mais à Joinville-le-Pont, sur 17 392 habitants, les riverains surexposés au bruit sur toute une journée atteignent près de 28,7% du total, et pendant la nuit, ils sont encore 13,8% ! Rappelons qu’on n’évoque ici que la voirie départementale : il faudrait rajouter l’autoroute A4/A86 bien sûr, ainsi que la voie ferrée du RER A… Le Département se reconnait ainsi responsable de 43 axes à traiter prioritairement, dont 4 axes dans notre commune : la RD4 (avenue Gallieni), la RD86 (boulevard du Maréchal Leclerc, Paris-Jaurès et Brossolette-Chapsal), la RD23 (boulevard de l’Europe), et subsidiairement la RD214 (rue Henri Barbusse).
 

Problème : le diagnostic est clair, les objectifs fixés sont ambitieux, mais les moyens sont dérisoires. Le fossé entre les 5 objectifs adoptés et les 14 mesures affichées dans le PPBE est rédhibitoire. Aucun budget spécifique n’est annoncé (sauf de façon hypothétique) ! A l’échelon départemental, il est important que les citoyens se manifestent pour le souligner, afin de ne pas laisser les politiciens et les technocrates jouer entre eux à nous enfumer ! A l’échelon joinvillais, il est important de faire valoir lors de l’enquête publique qu’étant particulièrement touchés, nous mériterions un effort plus important.

Défendre les intérêts environnementaux des Joinvillais devait être une priorité de la Municipalité Dosne. A la fin de la campagne électorale des Municipales, il nous avait submergés d’une multitude de prétendus « engagements » dans ce domaine, dont l’établissement d’un « Plan de Prévention du Bruit dans l’Environnement en lien avec le Conseil Général du Val-de-Marne » ! Hélas, lors du dernier Conseil Municipal, le 24 juin 2014, votre conseiller municipal écologiste n’a pu que déplorer le renoncement de la Municipalité à prendre position sur ce dossier si important, « oublié » à l’ordre du jour. Et le site Internet de notre commune ne l’évoque toujours pas ! Il ne reste plus maintenant aux citoyens qu’à suppléer à la carence des élus qu’ils se sont majoritairement choisis… Arrêtons de nous plaindre, agissons !

 
Michel LAVAL, 13 août 2014
 

Le projet officiel de PPBE :

http://www.valdemarne.fr/vivre-en-val-de-marne/informations/enquete-publique-sur-le-plan-de-prevention-du-bruit-dans-lenvironnement

Pour donner votre avis :
Avis.ppbe@cg94.fr

Toujours moins de transparence à l’OPH de Joinville !

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L’Office Public de l’Habitat (OPH) de Joinville-le-Pont gère 10 résidences et plus de 1400 logements sociaux en location ; il fait aussi office de syndic pour les 5 résidences où cohabitent locataires et copropriétaires.
La flambée des prix de l’immobilier a fait gonfler sa liste d’attente, qui compte aux alentours de 900 noms. Dans un contexte de pénurie, l’équité devrait être une exigence morale. La liste du rassemblement citoyen de la gauche et de l’écologie s’était engagée, en cas de victoire, à ouvrir la Commission d’attribution des logements (CAL). La Municipalité UMP-UDI-Modem d’Olivier Dosne vient de faire l’exact contraire.

La reprise en main est manifeste. L’ancienne Présidente de l’OPH, Chantal Durand, n’a même pas été désignée au Conseil d’Administration ! A la place, le Conseil Municipal du 7 avril 2014 a nommé 6 élus, tous de la majorité municipale : le maire Olivier Dosne bien sur, et MM. Francis Sellam (maire-adjoint aux Finances et au Logement), Jean-Jacques Gressier, Jean-Marie Platet, Stephan Silvestre, ainsi que Mme Isabelle Cona (et vive la parité !).
Aucun risque n’a été pris dans la désignation des administrateurs non élus : pour représenter les associations d’insertion, on a pris la Croix-Rouge et sa présidente locale, Mme Marchadier (épouse d’un maire-adjoint), pour représenter les communes voisines, on a pris un maire-adjoint de Maisons-Alfort et conseiller général UMP, M. Olivier Capitanio, et comme personnalités qualifiées, on a nommé une fonctionnaire retraitée de la Ville de Paris, Mme Marie-Lucie Lombes, et le responsable d’une association locale de férus d’histoire, très proche du maire, M. Daniel Tudeau. Notre proposition de désigner un représentant de l’association Solidarités Nouvelles pour le Logement (SNL) a été écartée avec mépris.
Ces administrateurs désignés par le Conseil Municipal ont été rejoints par les représentants des locataires, les valeureux MM. André Dunet, Henri Mosso et Jacky Lecocq (CNL), par la représentante de la Caisse des Allocations Familiales (Elisabeth Chamboredon), par la représentante des associations familiales, Marie-Paule De Fabrègues (ainsi sortie par la porte et revenue par la fenêtre), ainsi que par un représentant du premier syndicat du département, M. Jean-Louis Michel (CGT), et par une représentante des employeurs, Mme Catherine Fichet (Logeo).

Peu de changements en apparence, sauf le renouvellement des élus. Mais le maire est maintenant président en titre, le premier Conseil d’administration, le 22 mai, ayant désigné Francis Sellam comme vice-président, épaulé au bureau de MM. Gressier et Platet, et de M. Dunet.
C’est surtout au niveau de la Commission d’attribution des logements que le verrouillage se manifeste. Hormis le représentant des locataires, M. Dunet, toutes les personnalités susceptibles d’un regard un peu libre, comme la représentante de la CAF, ont été écartées, et c’est M. Jean-Marie Platet qui en a été nominalement désigné président.
Les demandes de rendez-vous à notre bon maire, pour lui quémander un logement, vont donc se poursuivre. Et il vaudra mieux à cette occasion montrer qu’on est bien-pensant : ça peut aider !
Cela s’appelle la féodalité, non la démocratie, et c’est aussi cela que les électeurs de droite et les abstentionnistes de gauche ont choisi pour Joinville.

Michel LAVAL
Conseiller municipal écologiste
« Unis pour Joinville-le-Pont »

Forte augmentation des impôts locaux joinvillais : LE COUP DE FUSIL, C’EST MAINTENANT !

« Mon projet s’inscrit dans la continuité d’une gestion rigoureuse, visant à maîtriser les dépenses et la pression fiscale, afin de pouvoir continuer à investir pour l’avenir de Joinville ». Ainsi s’achevait la profession de foi officielle du maire UMP sortant, réélu le 23 mars dernier. Dans son dernier tract de campagne, Olivier Dosne, se posant en défenseur de « la gestion rigoureuse des finances communales », a également accusé le rassemblement citoyen de la gauche et de l’écologie de préparer une forte augmentation d’impôts.
Pourtant, le site Internet officiel de la Ville a « oublié » d’annoncer le dernier Conseil Municipal, le 29 avril 2014, qui était précisément consacré pour l’essentiel au vote du budget primitif 2014 de la commune. La commission municipale des Finances (officiellement sous la supervision de Francis Sellam, maire-adjoint délégué aux Finances et au Logement) ne s’était réunie que la veille (alors que les documents étaient prêts depuis une semaine), interdisant ainsi aux groupes politiques de l’opposition tout travail collectif.

La raison ? L’augmentation des taux d’imposition qui a été votée ! Les taux des taxes foncières, de la taxe d’habitation et de la cotisation financière des entreprises sont brutalement gonflés de 7%. Ces taux s’appliquant à des bases revalorisées de 0,9% au niveau national, les impôts locaux des Joinvillais augmenteront donc de près de 8% à l’automne prochain ! Bien entendu, la majorité municipale UMP-UDI-MoDem prétend que la politique de François Hollande envers les collectivités locales en est l’unique responsable, et que cette augmentation était inévitable. Les écologistes de Joinville ne sont pas de cet avis.
Le budget communal est équilibré à 66,1 millions d’euros, dont 35,7 millions en fonctionnement et 30,4 millions en investissement. Or les décisions de l’Etat (baisse des dotations, péréquations entre collectivités…) font perdre à la caisse commune des Joinvillais près de 1,4 millions d’euros en 2014 (et près de 2 millions d’euros en 2016).

Il y avait d’autres solutions que de répercuter ces pertes sur nos impôts ! On en mentionnera deux. L’emprunt tout d’abord. La diminution de l’endettement communal, initiée lors du dernier mandat de Pierre Aubry, se poursuit toujours. L’endettement joinvillais, rapporté au potentiel fiscal, est maintenant plus que raisonnable et pourrait sans inconvénient augmenter un peu. Il n’y a rien de choquant à financer par l’emprunt des investissements d’avenir pertinents, puisque ceux qui rembourseront en bénéficieront.
L’autre piste est de ne réaliser que les investissements vraiment nécessaires. « Dites-moi où je peux faire 1,4 million d’économies ! » nous interpellait Olivier Dosne. Seul, j’ai proposé une solution. Des acquisitions foncières ne répondant nullement à l’intérêt général sont en effet inscrites au budget pour à peu près la même somme. L’acquisition des délaissés de l’autoroute pour 1,1 million principalement, sous prétexte de « maîtriser et de valoriser ces espaces fonciers ». Fumisterie ! Aucune valorisation n’est possible, et certainement pas des installations sportives comme il en est question : la pollution automobile est encore plus nuisible quand on fait du sport. Une extension du cimetière, à la rigueur… Quant à la « maîtrise » de cet espace, c’est un fantasme stupide, l’achat n’offre aucune garantie. Si l’Etat voulait de nouveau faire passer en force une extension autoroutière, il lui suffirait d’exproprier.
Subsidiairement, la commune achète aussi au Département le terrain d’assiette de la synagogue de Joinville, et n’évoque nullement sa revente ultérieure aux bénéficiaires. Il s’agit donc là d’une subvention déguisée, or « la République ne subventionne aucun culte » (loi du 9 décembre 1905). Pour avoir osé aborder ce sujet, j’ai eu droit à des insinuations odieuses d’Olivier Dosne, qui a joué avec les limites de la diffamation. Ce qui lui a permis de ne pas répondre à ma proposition !

Il était donc possible de ne pas augmenter les impôts des Joinvillais en 2014. La majorité municipale a choisi une autre voie : pourquoi ? Parce qu’elle estime, et elle a probablement raison, que sur six ans elle ne pourra pas tenir sur les taux d’imposition en vigueur en 2013. Elle préfère donc faire mal maintenant, dans la foulée de la réélection de son champion, en espérant récupérer la marge qui lui permettra de tenir jusqu’en 2020. Et comme tous les investissements prévus dans les budgets primitifs ne sont jamais réalisés dans les temps, on va même pouvoir se faire du gras !
Le B-A-Ba de la politique à la petite semaine, c’est d’être très gentil à l’approche de l’élection. Les stratèges qui pilotent la carrière d’Olivier Dosne font de la politique. C’est habile, mais les ménages qui peinent à joindre les deux bouts ne l’entendront peut-être pas de cette oreille.

Michel LAVAL

Taux

« JE SUIS TON MAIRE ! »

Joinville Mag Avril 2014Les Joinvillaises et les Joinvillais ont trouvé dès cette semaine dans leurs boites aux lettres le nouveau numéro de « Joinville Mag » (N° 230, Avril 2014). Notre magazine municipal rend compte de l’élection d’Olivier Dosne au premier tour le dimanche 23 mars dernier, et de son intronisation comme maire de Joinville-le-Pont lors du premier Conseil municipal de la mandature, le samedi 29 mars dernier.

Saluons cette prouesse technique remarquable.

 

Le maire réélu s’est attribué un éditorial de deux pages, peut-être pour compenser l’interruption forcée des éditoriaux pendant les mois précédant l’élection. Son « discours du trône » est ainsi immortalisé.

Comme on l’avait déjà signalé, il interprète au mépris de toute vraisemblance son succès comme la validation de son bilan par les Joinvillais, et annonce qu’il continuera sur sa lancée, car : «  les Joinvillais ont témoigné leur pleine adhésion au projet que nous leur avons proposé ».

Ce message clair est nappé d’un coulis de déclarations propres à réconforter les gogos : « exemplarité, dignité et simplicité », « servir Joinville, rassembler les Joinvillais », et l’incontournable « je m’engage devant eux à être le maire de tous les Joinvillais ». Mais que valent ces bonnes paroles ?  

Un premier indice est donné par « Joinville Mag ». Après le sommaire, on y trouve un portrait pleine page du maire réélu. Puis, sur une page, le « trombinoscope » du Conseil municipal. Ah non, pardon, le trombinoscope des seuls élus de la majorité UMP ! Les élus des deux groupes d’opposition, ça n’est pas du tout intéressant…

 

Vous aviez dit «le  maire de tous les Joinvillais », vraiment ?  Le double langage et l’arrogance du pouvoir local sont clairement affichés. Son inélégance est aussi manifeste. Et ça ne fait peut-être que commencer : on annonce déjà que les groupes d’opposition seront privés de tribune pendant plusieurs mois, prétendument dans l’attente d’un nouveau règlement intérieur du Conseil municipal…

 

Michel LAVAL